L’année dernière, nous avons sorti notre premier album, Et je vois. Une musique qui prend appui sur un drôle de petit texte de Franz Kafka, qui suggère qu’il n’est pas nécessaire de sortir de sa maison, puisque le monde ne peut faire autrement que de venir s’offrir à nous.
Avec ce deuxième album, les portes s’ouvrent et la route nous attend, impérieuse et nécessaire. Une musique paysage qui s’est affirmée avec le temps. Une musique de contrastes, entre grooves hypnotiques et grands moments suspendus.
Et puis, il y a les copains, Arnaud et Xavier, et cette joie toujours intacte de chercher ensemble, de jouer, d’explorer.
On vient de terminer l’enregistrement au Studio des Bruères, et on est vraiment très heureux du résultat !
Il nous reste maintenant à financer le mixage, le mastering et le pressage. C’est pour ça qu’on lance une campagne participative.
Si notre musique vous touche, votre soutien nous aidera à donner vie à cet album. Et si vous ne pouvez pas participer, partager la campagne sera déjà très précieux.
Un grand merci à toutes et à tous. On a hâte de vous faire écouter ça !
Sébastien Cabrier
« Tout en ce monde possède un son propre. L’univers est une combinaison de sons et de formes. Lorsqu’on frappe le bois, il produit un son particulier, de même que les branches d’un arbre bercées par le vent, ou encore l’eau, le cristal, la terre cuite. Tout chante ! La terre elle-même doit produire son propre son dans le firmament, grâce aux rumeurs mêlées des océans, des fleuves, du vent, des tempêtes, des animaux et des hommes. »
Jesús Greus (Ziryab, Ed. Phebus, page 79)
J’ai découvert ces mots en lisant un livre de Jesús Greus consacré à la vie de Ziryab, pour un projet que je menais il y a quelques années avec mes élèves.
En recopiant cette phrase aujourd'hui, je réalise à quel point elle a continué à travailler en moi, bien après sa lecture : envisager le monde comme si chaque chose, chaque être, chaque mouvement portait en lui une musique qui ne demandait qu’à être entendue, quelle magnifique idée !
L'auteur place ces mots dans la bouche de Ziryab, ce musicien légendaire, contraint de quitter Bagdad au IXe siècle de notre ère, avec pour tout bagage son instrument et la culture de son peuple.
Il traverse les terres et les mers jusqu'à Cordoue, cet ailleurs providentiel où l'on écoute le son de son luth, un son nouveau obtenu grâce à la cinquième corde qu'il a le génie d'y ajouter.
De cet exil, de cette rencontre entre deux mondes, quelque chose de nouveau va naître et contribuera à façonner la culture musicale arabo-andalouse.
Notre premier album, Et je vois, prenait appui sur une phrase de Franz Kafka suggérant qu'« il n'est pas nécessaire de sortir de sa maison », le monde étant tout autant en nous qu'autour de nous. Il proposait une descente vers les profondeurs d'un monde intérieur, verticale perspective d'un voyage immobile.
Avec ce deuxième album, l'heure de sortir de la maison a sonné, la route nous attend, impérieuse et nécessaire, l'appel d'un irrésistible éloignement.
Horizontalité, promesse d'inconnu, de paysages et de rencontre, Les dunes autour est né de ce mouvement d'un plan que l'on renverse : ici, ni chute ni ascension, mais un horizon vers lequel avancer.
Et puis, avancer, est-ce seulement s'éloigner ? N'est-ce pas aussi emporter avec soi ce que l'on est, le son que l'on est, pour le mettre à l'épreuve d'un ailleurs et l'accorder à autrui ?